--> Accueil - Le grenier du SPSL - Evangiles et Homélies

Archives des Évangiles et Homélies

Année 2013 - mois par mois

Suivre l'actualité
sur FACEBOOK

Évangiles et Homélies précédentes ...
NOVEMBRE 2013
OCTOBRE 2013
SEPTEMBRE 2013
AOÛT 2013
JUILLET 2013
JUIN 2013
MAI 2013
AVRIL 2013
MARS 2013
FÉVRIER 2013
JANVIER 2013

Evangile de Pâques le 31/03/2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,1-9.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Homélie de Pâques - 31 mars 2013

Dimanche de Pâques 2013

En ce jour de Pâques, il y a un mot qui revient très souvent : c'est le mot "Alléluia" : ce mot signifie "Rendez grâce à Dieu", dites merci à Dieu. Ce cri pascal qui a jailli pour la première fois à Jérusalem a changé l'histoire du monde. Cette même annonce est clamée aujourd'hui dans toutes les assemblées chrétiennes de la planète afin de rendre l'espérance aux hommes de tous pays. Nouvelle inouïe, incroyable aux oreilles des uns, scandale pour d'autres et qui, cependant, a été accueillie comme véridique et transmise dans le monde entier.
On ne compte plus les hommes et les femmes qui ont accepté de donner leur vie pour en témoigner. Nous sommes bien ici au cœur de la foi chrétienne : c'est ce Jésus-là qu'il nous faut proclamer et pas un autre.

A travers la résurrection de Jésus, les apôtres ont découvert que Dieu est plus fort que la mort. Ils sont dit alors : Si Dieu est plus fort que la mort, s'il est capable de ressusciter son Fils, cela change tout pour nous. Ils ont trouvé une assurance formidable pour leur propre vie. Ils seront prêts à affronter toutes les souffrances, les tortures et même la mort plutôt que de renier leur foi. Pour eux, la mort est un passage vers une vie autre qu'ils ont touchée en la personne de Jésus.

Et c'est la bonne nouvelle de ce jour c'est que Dieu n'est pas du côté du mal, de la souffrance et de la mort ; Un Dieu amour ne peut être que du côté de la vie, du côté des vivants.. Tout cela nous renvoie à notre vie de croyants. Etre croyants, ce n'est pas se faire une petite idée en se disant : "je crois qu'il y a quelque chose la haut." Ce n'est pas cela, même si nous le pensons.

Etre croyants, c'est croire en Jésus ressuscité, vivant, et s'engager à ses cotés ; C'est être comme Lui porteurs de vie auprès de ceux qui luttent contre la souffrance et le désespoir pour leur redonner le goût de vivre. Notre attention, notre amitié ne doit pas oublier ceux et celles que la vie écrase. Un accueil, un pardon donné, une main tendue pour remettre l'homme debout, peuvent opérer un miracle de "renaissance. " de résurrection. Oui, vivons comme des ressuscités, nous sommes déjà ressuscités, nous dira même l'apôtre Paul. Et cela change toute notre existence. Nous avons cette assurance qu'en Jésus ressuscité nous sommes les grands gagnants. Un monde nouveau est commencé !

Oui, aujourd'hui, nous avons bien raison de chanter "Alléluia". parce que notre vie prend un tout autre sens et une toute autre valeur. PÂQUES: Fête de la Vie, de la Vraie Vie, de la Vie Réussie, de la Vie qui réussit tout, même à vaincre la mort, de la Vie que Jésus Ressuscité nous donne en exemple et nous propose à tous !

C'est Pâques aujourd'hui. C'est Pâques tous les jours si nous le voulons. Soyons des vivants. AMEN !


L'abbé Henri, l'abbé Jean-Claude et moi-même nous vous souhaitons à toutes et à tous Joyeuses fêtes de Pâques !

Evangile des rameaux le 24/03/2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19, 28-40 .

Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem. À l'approche de Bethphagé et de Béthanie, sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux disciples :
« Allez au village qui est en face. À l'entrée, vous trouverez un petit âne attaché : personne ne l'a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Si l'on vous demande : 'Pourquoi le détachez-vous ?' vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin.' »
Les disciples partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Au moment où ils détachaient le petit âne, ses maîtres demandèrent : « Pourquoi détachez-vous cet âne ? » Ils répondirent : « Le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l'âne à Jésus, jetèrent leurs vêtements dessus, et firent monter Jésus.
À mesure qu'il avançait, les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin. Déjà Jésus arrivait à la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus : « Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, arrête tes disciples ! » Mais il leur répondit : « Je vous le dis : s'ils se taisent, les pierres crieront. »

Homélie des 23 et 24 mars 2013

dimanche des rameaux - C - 2013

En ce début de la Semaine Sainte, nous voici parvenus à l'heure de la Pâque du Christ. Il sait que son heure est arrivée. Ce sera pour lui l'heure de la sortie de ce monde et de son retour vers le Père à travers sa mort et sa résurrection. Lui, le Fils de Dieu, a voulu vivre dans la vérité de sa condition humaine : Il a connu la souffrance, l’humiliation, l’angoisse face à la mort : Sur la croix, nous l’avons entendu pousser ce grand cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ces paroles sont tirées du psaume 121 qui se termine par un cri de confiance : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit."

Dans ce récit de la Passion, nous voyons que c'est librement qu'il se laisse arrêter. Il avait toujours refusé d'être un roi de ce monde. Aujourd'hui, c'est sa dernière montée à Jérusalem ; et il vient lui donner une solennité particulière. C'est un signe qu'il nous adresse. Cette entrée solennelle dans la ville sainte annonce celle de son retour vers le Père, la Jérusalem d'en haut. Il y sera acclamé par tous ceux qu'il sauve et qu'il conduit vers lui. Nous sommes tous appelé à faire partie de cette foule immense qui acclame son Sauveur.

En ce jour, nous suivons le Christ qui entre dans le drame de sa Passion et de sa mort. Il a besoin de nous pour veiller avec lui, même si c'est une petite heure. Il a besoin de Simon de Cyrène pour porter toutes les croix de l'humanité souffrante. Il a besoin de centurions pour le reconnaître comme Fils de Dieu. Vivre cette semaine sainte, c'est un engagement de tous les jours et de tous les moments.

Le récit de la Passion que nous venons d'écouter s'arrête au tombeau bien gardé. Mais la mort n'aura pas le dernier mot. Avec les femmes et les apôtres qui ont vu Jésus ressuscité, nous sommes envoyés pour être les témoins de la vie plus forte que la mort. C'est ainsi que nous sommes appelés à suivre Jésus jusqu'au bout, jusque dans sa mort sur la croix. Alors, n'ayons pas peur de dire à notre monde que la violence, la souffrance et la mort n'auront pas le dernier mot. Nous sommes tous destinés à la Vie.

Alors oui, nous te prions, Seigneur, accompagne-nous chaque jour à travers les joies et les difficultés de la vie que nous voulons vivre en lien avec toi et nos frères et sœurs

Évangile du dimanche 17/03/2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,1-11.

Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ;
de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Homélie des 16 et 17 mars 2013

Cinquième dimanche de Carême - C - 2013

Une fois de plus, nous constatons que l’Evangile reste vraiment dans l’actualité et rejoint des drames toujours actuelles, car aujourd’hui, on lapide encore des femmes pour adultère et même parfois pour beaucoup moins… simplement parce qu’elles sont femmes et n’ont, aux yeux de certains, le droit d’exister pleinement.
Heureusement, l’Eglise a changé son fusil d’épaule et nous espérons que c’est sur toute la terre, car notre église a quand même brûlé des sorcières, des hérétiques, des gens qui ne pensaient pas comme la structure église.
Peut-être élimine-t-elle encore certains théologiens qui ne plaisent pas parce qu’ils font appel à un regard trop libérateur à partir de la bible ?

Pourtant, Jésus vient pour libérer, non seulement celui qui est accusé, mais aussi les accusateurs eux-mêmes.
Chacun en prend pour son grade alors que les scribes et les pharisiens venaient mettre Jésus en porte à faux pour avoir des raisons de l’éliminer.
Nous sommes bien ici dans un contexte de rivalité hargneuse ….
Et Jésus que fait-il ? Il donne du temps à tout le monde, …. du temps pour réfléchir, … du temps pour rentrer en soi-même, … du temps pour se regarder, se découvrir … dans l’espérance d’une conversion.
« Jésus s’était baissé, et du doigt traçait des traits sur le sol.» Il prend son temps, il attend les questions pour les conclure par une affirmation cinglante : «Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Nous retrouvons ici le temps qui a été donné au fils cadet la semaine dernière pour méditer sur lui-même pendant qu’il gardait les cochons et le temps que son père a pris au bord du chemin alors qu’il observait l’horizon pour voir si son fils n’allait pas revenir.
Jésus donne ce temps aux accusateurs avant de les renvoyer vers leur situation d’hommes pécheurs.
C’est le temps de la conversion … et quelle conversion ! Car ces hommes, à l’avenir, n’auront plus envie de lapider les femmes adultères parce qu’ils vont se rendre compte qu’ils ont un travail intérieur à faire sur eux-mêmes… un travail que le carême nous invite aussi à faire nous-mêmes, … puisque nous sommes quand même, tous et toutes, pécheurs.
Mais avons-nous déjà, depuis le début du carême, fait un retour sur nos conceptions de la vie ? sur la manière dont nous regardons ceux qui nous sont moins sympa? Il y a une libération de l’esprit chez les pharisiens. Puisse-telle devenir nôtre.

Jésus offre aussi une autre libération, … et cette fois-ci, ce sera à la femme qui va être restaurée dans sa dignité humaine.
Non seulement elle ne sera plus condamnée par les hommes, mais elle est recréée par Jésus… en quelque sorte, Il l’a ressuscite, Il l’a rappelle à la Vie : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus ! »
Admirons le pas que Jésus fait en plus que les pharisiens et les scribes : il donne un avenir à cette femme. Il l’invite à aller de l’avant et à tenir sa place au cœur du monde, … la place d’un enfant de Dieu.

Ainsi avec le Christ Jésus, libérons-nous de toute condamnation et devenons ceux et celles qui donnons dignité humaine à tous les enfants de la terre.

Évangile du dimanche 10/03/2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32 .

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père.
Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... '
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. '
Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

Homélie des 9 et 10 mars 2013

quatrième dimanche de Carême - C - 2013


Nous connaissons très bien l'histoire qui vient d'être proclamée et nous y voyons la présence d'un père miséricordieux. Nous voyons souvent en lui, l'image même de Dieu. Et c'est vrai que ce récit peut être lu comme d'un Dieu qui est un Père extraordinaire pour ses fils. Pourtant, aujourd'hui, nous allons essayer d'en découvrir une autre interprétation en parallèle avec la vie des familles d'aujourd'hui … et peut-être même en lien avec les relations de l'agrobusiness et les petits cultivateurs. Regardons la composition de cette famille : un père et 2 fils. Pas d'épouse, ni de mère ! Ce qui rassemble ces trois-là : c'est la marche de la ferme.
Apparemment, aucun lien sentimental entre ceux-ci au point que le cadet demande sa part, ses actions, … et on lui donne. Puis il s'en va sans explication et sans regret de la part des 2 autres.
On se croirait vraiment dans une multinationale ou encore dans un certain nombre de famille où les relations se jouent surtout sur la présence aux activités programmées qui nécessitent une course permanente. Alors, on n'a plus le temps de se parler, de s'aimer.
Avec ce regard, nous sommes impliqués dans cette histoire et nous devenons tantôt le père qui est un patron, qui fait marcher les affaires, tantôt le fils travailleur et obéissant ….tantôt le fils cadet qui se sent le petit et qui voudrait un autre style de vie. Il prendra le chemin de la liberté, mais devenir libre dans la dignité, ce n'est pas toujours facile, c'est une lutte de tous les jours. Dans celle-ci, il mangera son pain noir pour enfin choisir de relever un peu la tête : devenir ouvrier chez son père. Et là, ce sera la surprise : redevenir un humain à part entière et participer à la fête de la Vie. Etre ce fils cadet, c'est se convertir petit à petit.
Et le temps de carême est moment favorable pour cela, mais là il faut le décider et découvrir qu'on peut grandir dans la vie. Espérons que chacun de nous soit dans cet esprit en vue de Pâques.

Parfois, nous sommes le fils l'aîné qui veut que les affaires marchent : il est courageux, il trime comme un serviteur sans avoir compris que dans la vie, il n'y a pas que le travail. Il n'a aucun souci de son frère : il ne l'appelle pas " mon frère ", mais " ton fils ". C'est tout dire des relations qui les unit.
Il lui faudra d'ailleurs le retour de son frère pour comprendre qu'il existe, qu'il est autre chose qu'une machine, … qu'il a aussi un cœur qui demande à se retrouver autour de la table pour faire la fête.

Les rencontres programmées par Entraide et Fraternité auront peut-être été pour nous l'occasion de prendre conscience que nous avons à ouvrir notre cœur à tous les projets de développement humain soutenus par cette association. Elles seront certainement le déclic nécessaire pour comprendre que nous avons à nous asseoir à la même table qu'eux pour que la fête du repas quotidien soit une réalité pour tous.
Conversion difficile pour ce fils, …. Conversion difficile pour nous, car il faut partager.

Nous pouvons encore nous retrouver dans l'image du père qui aime ses fils, mais qui voit en eux de la main d'œuvre.
Chez lui, la tendresse n'existe pas. L'absence d'une femme à la maison ne semble pas l'affecté, il lui faudra la perte d'une partie de la main d'œuvre : le cadet qui s'en va avec une partie du pognon ! Ca, çà crée un vide ! Ca, çà fait réfléchir au sens de la vie.
Alors, il sort de sa maison et patiente au bord du chemin : c'est l'occasion de réfléchir, d'ouvrir ses horizons, d'imaginer le pire, mais aussi le meilleur : le retour du fils et la manière de l'accueillir, de le combler dans ses attentes.
C'est ainsi que ce père courra vers son fils, il prendra le temps de l'embrasser et donnera des ordres, … non plus pour travailler, mais pour faire la fête, car la Vie a triomphé.

Accueillons ce regard particulier sur cette parabole. C'est notre histoire, celle de nos échecs relationnels, mais aussi celle où il est toujours possible de recréer des liens des chaleureux. Oui, l'espérance d'un monde meilleur, malgré toutes les dérives, est une évidence, …. si nous acceptons de rentrer en nous-mêmes et de prendre le chemin du retour vers tous nos frères et sœurs comme vers Dieu.

Évangile du dimanche 03/03/2013

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9.


Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole :
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas.
Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? '

Mais le vigneron lui répondit :
"Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas."

Homélie des 2 et 3 mars 2013

troisième dimanche de Carême - C - 2013

Durant le carême, nous sommes tous et toutes invités à nous convertir, à changer notre regard sur les biens matériels, les personnes qui habitent la même terre que nous et sur Dieu Lui-même.
Cet appel à la conversion est présent dans toutes les lectures de ce jour, … avec le buisson ardent qui ne se consume pas, … avec Dieu qui envoie Moïse pour délivrer son peuple, …. avec St Paul qui nous pousse à nous abreuver à la Vie du Christ sans croire que nous sommes déjà sur le même chemin que Lui, … et puis bien sûr avec le Christ Jésus qui pose le problème de la souffrance humaine, des drames qui touchent de grandes foules et l'accusation injuste que les hommes adressent à Dieu en pareille situation.
Oui, qui est finalement notre Dieu ? Quel lien entretient-Il avec les hommes ? Qu'est-ce que l'homme pour Lui ?
Laissons-nous conduire par la Parole proclamée et découvrons d'abord un Dieu Lumière - comme à la transfiguration - qui appelle l'être humain parce qu'Il a vu la misère de ses enfants sur terre…. un être qui est sensible et qui n'accepte pas des situations indignes pour ses créatures.
Ce Dieu est suivi aujourd'hui par Entraide et Fraternité qui voit aussi la misère de nombreux petits cultivateurs à travers le monde qui parvenaient à nourrir leur famille avec un petit lopin, mais l'agrobusiness est venu leur voler ce lopin de terre, simplement pour leur profit personnel, … sans tenir compte qu'il y avait là des hommes et des femmes qui avaient besoin de cette terre.
Entraide et Fraternité se sent comme Moïse, envoyé par Dieu pour délivrer ces familles de cette main tueuse … et nous demande de les accompagner, de devenir avec eux, des libérateurs.
Mais là, nous ne nous sentons pas plus fort que Moïse et nous avons envie de dire comme lui:
" Que dirai-je ? De quoi je suis capable ?".
Alors là, regardons vers notre Dieu : Il est à nos côtés, Il nous donne son souffle de Vie afin que nous puissions dire :
" Eh bien oui, Seigneur, j'irai trouver tes enfants et je ferai ce qui est nécessaire pour qu'ils soient libres et debout au cœur du monde ".
Dieu qui est Lumière attentive à la vie des êtres humains, Dieu qui est sensible quand l'un de ceux-ci souffre,
Dieu qui donne des responsabilités importantes et qui accompagne ceux qui disent " oui ".
C'est bien là notre Dieu, mais est-ce bien en Lui que nous croyons ? Est-ce bien ce Dieu-là que nous célébrons chaque semaine ?
St Paul nous fait remarquer qu'on est parfois loin de Lui dans nos pensées et dans nos réalisations, même si on s'alimente au rocher qu'est le Christ Jésus.
Il est vrai qu'on pense encore parfois comme les Galiléens en disant que les gens qui souffrent ont ce qu'ils méritent.
Parfois même, nous nous demandons comment un tel et un tel qui mène une vie en bâton de chaise, a encore tellement de réussite et pas plus de malheur. Parfois, nous disons que c'est de leur faute s'ils sont dans le malheur.
Et là, Jésus nous pose la question : " Sont-ils vraiment de plus grands pécheurs que nous, ceux qui ont des accidents, … ceux qui se retrouvent dans la misère, … ceux qui sont exploités ou dépouillés de leur bien ?
Sont-ils de grands pécheurs, les ouvriers qui perdent leur emploi quand Arcelor ou d'autres délocalisent ? "
Eh bien non, dit Jésus. Ainsi, Il casse le lien que nous avons envie de mettre entre péché et malheur tout en nous invitant à porter un autre regard sur la situation qui est un échec humain.
Il nous invite à nous convertir en bêchant à nouveau autour du figuier stérile avec l'espoir qu'il portera un jour de bons fruits,… er stérile,… tous ces lieux qui empêchent une vie de qualité, toutes ces personnes qui épuisent le sol nourricier.
Nous avons à nous approcher de toutes ces situations difficiles pour y faire naître la vie qui comblera tant de nos frères et sœurs dans le besoin, … la Vie qui comblera aussi le cœur de Dieu, Lui qui ne veut que le bonheur pour tous.

Nous avons ainsi à convertir notre regard sur les choses, sur les personnes et sur Dieu. Le carême est là pour cela.